Les bases pour comprendre la gymnastique sensorielle

La gymnastique sensorielle se présente comme une approche holistique du mouvement, profondément ancrée dans la tradition occidentale. Elle se distingue par son étude approfondie des fascias et de leur rôle crucial dans la mobilité. Cette méthode promet de redécouvrir une fluidité et une harmonie corporelle, tout en affinant nos perceptions sensorielles.

Bouger, un besoin vital trop souvent négligé

Nous le savons : bouger est essentiel à notre santé. Les recommandations actuelles préconisent au moins 30 minutes d’exercice par jour, cinq jours par semaine, pour maintenir notre corps et notre esprit en bonne santé. Pourtant, 95 % des Français manquent d’activité physique, avec des conséquences bien réelles : maladies chroniques, risques cardiovasculaires, diabète, cancers, douleurs articulaires, fatigue psychique… L’immobilité pèse lourd sur notre équilibre.

Mais bouger, ce n’est pas seulement solliciter ses muscles. Les fascias, ces tissus conjonctifs omniprésents dans notre corps, jouent un rôle clé. Ils contiennent six à huit fois plus de terminaisons nerveuses sensorielles proprioceptives que les muscles eux-mêmes et transmettent environ 20 % de la force musculaire. Ces tissus forment une immense toile 3D, riche en récepteurs sensoriels, qui captent et transmettent des informations essentielles à notre posture, notre gestuelle et même nos émotions.

Sous l’effet du stress, des chocs physiques ou émotionnels, cette mécanique subtile se grippe. La vaso-élasticité se dérègle, des tensions et des rigidités s’installent, et la circulation des fluides et des influx nerveux devient laborieuse. Peu à peu, tout l’équilibre du corps vacille, la mobilité se réduit, et nos grands systèmes sont affectés. Nous dormons moins bien, digérons mal, respirons moins profondément.

Pourquoi prendre soin de ses fascias ?

Les fascias ne sont pas de simples structures passives. Ils jouent un rôle clé dans le mouvement :

  • Souplesse et élasticité musculaire
  • Absorption des chocs et répartition des forces pour une économie d’effort musculaire,
  • Stabilité articulaire et coordination des mouvements
  • Communication sensorielle entre les différentes parties du corps

Mais ce n’est pas tout. Les fascias participent aussi à la régulation des grandes fonctions de l’organisme : digestion, respiration, circulation sanguine… Ils influencent même notre état émotionnel. Un fascia en tension chronique peut générer une sensation diffuse de stress ou de fatigue. À l’inverse, un fascia souple et mobile contribue à un état de détente profonde et à un bien-être émotionnel.

Longtemps ignorés par la médecine, les fascias sont aujourd’hui au centre d’un champ de recherche en pleine expansion. De nouvelles pratiques émergent, comme la fasciathérapie et, dans son sillage, la gymnastique sensorielle.

La gymnastique sensorielle, une approche née de la fasciathérapie

La gymnastique sensorielle a été développée initialement par le Pr. Danis Bois, kinésithérapeute et ostéopathe. Les travaux entre autres d’Eve Berger, Hélène Bourhis, mais aussi I. Bertrand et C. Courraud, chercheurs et formateurs en fasciathérapie, lui ont donné une solide assise théorique et une portée nouvelle en la partageant avec le plus grand nombre.

Comment se pratique la gymnastique sensorielle ?

Après une séance de fasciathérapie, la gymnastique sensorielle permet de prolonger ses bienfaits et d’acquérir plus d’autonomie dans le soin de ses fascias.

Les mouvements respectent la physiologie articulaire et fasciale, favorisant un équilibre global du corps. Les pratiquants explorent de façon lente et progressive des mouvements et détectent simultanément des micro-ajustements internes. Ce faisant, ils sollicitent deux types de perception grâce aux capteurs sensoriels situés dans les fascias :

  • Proprioception : perception de la position et du mouvement du corps dans l’espace.
  • Interoception : perception des sensations internes (tensions, fatigue, bien-être).

Contrairement à une rééducation motrice classique, la gymnastique sensorielle ne vise pas uniquement la correction des mouvements, mais plutôt l’exploration et le développement d’un schéma corporel plus fluide et naturel. Et pour ce faire, on ne cherche pas à contrôler, mais à ressentir. C’est l’enrichissement de sa capacité à percevoir qui va permettre d’affiner sa conscience corporel et d’améliorer la coordination.

Des exercices définis par le fasciathérapeute

,Les enchaînements proposés visent le travail global des chaînes fasciales, maximisant la coordination musculaire et la bonne répartition des contraintes. Ils peuvent être ciblés sur un ou plusieurs segments du corps en coordination, selon les maux de la personne et sa demande.

Les exercices sont définis par le fasciathérapeute. Ils tiennent compte de :

  • son bilan tissulaire (manque de souplesse, d’élasticité, excès de tensions, trop de mollesse, défaut de rythme…) réalisé lors d’une séance manuelle,
  • son analyse du mouvement de la personne et de ses composantes manquantes (les angles-morts de sa gestuelle).

Lenteur et coordination de base physiologique

Les exercices se pratiquent dans un espace calme, sur chaise d’abord, puis debout, et se répètent trois fois et de manière régulière, en lenteur et dans le relâchement musculaire.

  • En priorité, les exercices portent sur la l’apprentissage de la lenteur et la coordination de base entre mouvement linéaire et mouvement circulaire orienté dans un sens opposé, et l’alternance de mouvements convergents et divergents. Le mouvement est ainsi rééduqué phyiologiquement dans toutes ses composantes.
 

Par exemple, le mouvement linéaire antéro-postérieur est associé à un mouvement d’extension (divergence) et de flexion (convergence). 

 

  • Ensuite, la praticienne porte l’attention de la personne sur une composante du mouvement pour délivrer l’autre composante de l’intention volontaire, ce qui rendra la gestuelle plus fluide, moins musculaire.
 
  • Par la suite, les exercices se complexifient. Ils sont revisités avec des starters différents (un segment du corps s’engage et entraine les autres) pour éveiller toutes les régions du corps. En fonction de la lecture de mouvement, on poursuit avec un travail sur la coordination des segments, la qualité de la lenteur, le déroulé du trajet

Enrichissement du répertoire sensoriel

La gymnastique sensorielle met l’accent sur les mouvements non-intentionnels, garants d’une gestuelle moins musculaires, et les mouvements linéaires qui, souvent, ne sont plus perçus dans notre gestuelle quotidienne. Or, c’est cette composante linéaire et sensorielle qui anticipe, organise, enclenche, équilibre les mouvements circulaires, articulaires pour une gestuelle plus globale, plus harmonieuse, plus souple.

 

Mais on l’aura compris la gymnastique sensorielle ne vise pas seulement à rééduquer les mouvements linéaires. Elle s’attache aussi à enrichir un répertoire sensoriel, à la fois objectif (amplitude, fluidité, globalité, stabilité, coordination, équilibre) et subjectif (profondeur, chaleur, calme, sérénité, stabilité psychique, présence, unité…).

De cette sorte, la gymnastique ne devient jamais automatique, mécanique. Chaque geste est une plongée dans l’arrière-scène (ou côté jardin) de son propre mouvement, une invitation à redécouvrir sa propre sensorialité, et en savourer les bienfaits (côté cour). La personne entre en relation avec son geste. Elle devient la performeuse de son mouvement. A la fois artisane et spectatrice sensible de son propre geste. Et cette performance interroge plus qu’elle ne cherche à diriger. Ainsi, chaque geste dans sa forme prédéfinie déroule un récit de soi à soi à chaque fois renouvelé. Comme le rappelle, Paul Sercu, fasciathérapeute et directeur général au Fascia College (Belgique) grâce à la mobilisation des fascias, on accède à une « impression de vécu de mouvement, une sensation de bouger et une sensation d’être Soi en mouvement ».

Principes de la gymnastique sensorielle

La pratique repose sur plusieurs principes essentiels, véritables points cardinaux de la méthode et de sa pédagogie :

  • Yeux clos : favorise l’attention aux sensations internes en nous coupant des sollicitations externes.
  • Lenteur : permet de ressentir le mouvement sans douleur et de le modifier en temps réel.
  • Relâchement musculaire : diminue la tension musculaier pour favoriser le système fascial et être plus économe en énergie.
  • Attention : renforce les ressources attentionnelles (souplesse, stabilité, ouverture ) et la coordination motrice.
  • Intention : varier l’intention du mouvement stimule la flexibilité cognitive et motrice et optimise le contrôle gestuel.
  • Motivation : se concentrer sur le plaisir du mouvement encourage la pratique et renforce l’engagement corporel.
  • Présence au mouvement : écouter attentivement le mouvement plutôt que le contrôler permet un geste plus fluide et une meilleure adaptation en temps réel.
  • Posture et mouvement : alterner phases dynamiques et posturales pour favoriser une meilleure anticipation musculaire et un gain d’amplitude articulaire.
  • Progression : construire la pratique du simple au complexe en variant l’attention, les rythmes, la vitesse ou les coordinations des segments du corps pour une adaptation graduelle et efficace.

Quels bienfaits en attendre ?

Pratiquée régulièrement, en complément d’une séance de fasciathérapie, la gymnastique sensorielle prolonge ses bienfaits sur le corps et l’esprit :

  • Relâchement des tensions inutiles.
  • Amélioration de la posture et de la mobilité.
  • Réduction des douleurs musculo-squelettiques.
  • Optimisation de la coordination et de l’équilibre.
  • Développement d’une plus grande fluidité dans les gestes.
  • Prévention des troubles fonctionnels (stress, fatigue chronique…).
  • Renforcement du bien-être émotionnel et mental.

CONCLUSION

En stimulant la perception sensorielle et en libérant les fascias de leurs contraintes, cette approche redonne au corps une mobilité plus physiologique. Intégrer cette pratique à son quotidien, c’est offrir à son corps une nouvelle liberté de mouvement et un plaisir renouvelé dans sa gestuelle.

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📚 I.Bertrand, C. Courraud, Je m’initie au pouvoir des fascias, coll. Guide visuel, Paris : Editions Leduc, 2024

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